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Fig. IX. ~ l.t: tîn\M.Oin»Ki HomoKl.Il.\lt
— 83 -
El Kebir à 1.200 mètres à l'Ouest de Bordj El Bab taudis que l'es-
tampe italienne
le pousse jusqu'au
golfe de Bou-Graïa.
Les deux
documents
ont raison chacun à leur point de vue. La carte n° -î2ï5,
strictement
asservie
au reliefs sous-marins,
accuse
légitimement
après ces 1.200 mètres
un relèvement
du qsir entre l'ile et le conti-
nent.
Puis, vient toujours
vers l'Ouest une petite fosse avec des
fonds de 1 mètre aux plus basses eaux. Au delà, le banc n'a plus
que O^SO, pour retrouver
un mètre cl davantage à rentrée du Bou
Grara.
Mais à marée haute un léger esquif est capable d'aller de
Bordj El Bab au golfe en question et Paulcur de l'estampe que gui-
dait surtout
une idée pratique ne saurait être blâmé d'avoir rendu
sur le papier celte possibilité.
Le Bou Grara ou plutôt Bon Ghrara
donc un
(fjifyl)csl
sac (1) où l'on pénètre par deux ouvertures,
celle d'Agim large el ajsée, celle d'El Kantara étroite et susceptible
d'accueillir
seulement
les bateaux
ne calant pas plus de 80 centi-
mètres à un mètre.
La passe d'El Kantara
possède
vers son débouché
Est dans
la
mer libre un ancrage où l'on chargeait
au XVI* siècle « des vais-
seaux de 1000à 1200salme à condition de ne mettre à bord que la moitié
du fret et de garder l'aulre moitié prête à êlre embarquée le jour du dé-
part pp(2)(à la marée montante). Cet endroit n'est autre que l'anse in-
diquée sur la carte gastatdicnue
immédiatement
à l'Ouest de Hnr-
rjarc, c'est-à-dire
de Castil El Oued. Il correspond
à la jonction de
l'Oued Souk El Gticbli cl du Grand Oued. Dragut y fut bloqué eu
1551 par André Doria avant de s'enfuir subrepticement
vers Agim
par l'Oued El Kebir dans lequel il ne réussit à engager
ses galères
qu'après
les avoir allégées.
On rencontre
en effet d'Est en Ouest deux hauts-fonds
très nets
dont le plus occidental (non loin de Tarbclla) revêt l'appclalîon
de
Trik El Djcmel, tandis que laulrc
s'est vu charger
par l'honuue
d'une chaussée
en maçonnerie
identifiable
au Pons '/Ma de l'Itiné-
raire d'Antonin.
Le Trik El Djcmel et la Chaussée
Romaine
sonl
absolument
distincts
comme
nature
et comme
position
ainsi que
le montre noire figure VIII complétant
en l'espèce la carie n* V2-Ï5.
Celte différence
n'est pas superflue à affirmer devant la confusion
commise
par la plupart
clc ceux qui se sont occupés «les passages
menant
de Hic de Djerba au continent
et notamment
par Bru-'
(11Ghrara signifie« sac * en orabe.
(i) LvvFrtr.m
cm ter Bosio. Passhn. (Voir te texte à notie Troisième Partie, Sec-
tion Il
) Celte indication figure aussi dans la der-erïplion«teDjerba insérée pat*
Bosiodans son Isloria délia Sacra Beligtone..... Tome111.p. 283-2S»!Lo saltr.a
variait selon les pays. On peut admettre qu'elle représentait en gr.<sle sixième
de notre tonneau actuel (fîtr.t.fiurorri. Vocabolariomarina c militare. Borne,ISSO,
p. 15».
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—
lard (I), Servonnel
(2), Idoux (3) et Toutain
(\) qui tous affublent
erronément
du litre de Trik El Djcmel la chaussée
d'El Kantara.
Bosio lui-même
lorsqu'il
parle du « passo délia Contera
» dans son
Histoire
des Chevaliers
de Malte (5) semble comprendre
sous cette
expression
tout le qsir, c'est-à-dire
aussi
bien la Chaussée
que le
Trik El Djcmel qu'il ne cite pas. Abou Ras, au contraire
distingue
bien les deux choses (6)
Le Trik
El Djcmel (roule des chameaux
JL***%tJ^J^J»)
est un
simple
guù ainsi
désigné
parce
qu'il
était
autrefois
utilisé
dit-on
par les caravanes.
Il suit des fonds de 20 à 80 centimètres
à marée
basse.
Les chameaux
ne risquaient
donc
pas de s'y
noyer.
Un
homme
même
peut emprunter
ce chemin
quitte
à se mettre
à la
nage au Grand
Oued.
Balisé de nos jours,
ce gué est en quelque
sorte jalonné par deux anciens
fortins,
le Bordj Trik El Djcmel et
le Bordj AyecI ou Bordj Khanchouch
dont il ne subsiste
plus que
la base. Tout
cet ensemble,
situé
hors de la zone fréquentée
par
les marins
européens,
est ignoré de Gastaldi
qui en revanche
se
fait une idée tues suffisante
de la chaussée
en maçonnerie.
Ce Pons Zita, qualifié simplement
de Gontra, c'est-à-dire
« pont »,
dans
le langage
vulgaire
des
indigènes
(Qantara
en arabe
litté-
raire),
se développe
sur sept kilomètres.
II se colle à une série de
faibles
profondeurs
qui ne fléchissent
qu'à
la tête
de l'Oued
El
Ihoudi
(2mî0 et à la Ira versée
du Grand
Oued (4to). Bàlie avec ce
calcaire
pleislocènc
qu'on
nomme
le çemm,
la digue, pour mieux
épouser
le dos du qsir. décrit une série de sinuosités
qui augmen-
tent quelque peu la distance de 0 km. 500 qui sépare à vol d'oiseau
El Kantara
île d'El
Kanlara
continent.
(Le Trik
El Djcmel
n'a
que ï km. environ).
Vers le milieu
de l'ouvrage
s'érigent
les ves-
tiges du fortin
de Bordj El Bab (7) (Fort de la Porte) auquel nous
(Il LIEUT.Bfttunr». Monographie de l'ile de Dkrba. Besançon, 1885. Passim.
Cette erreur est pourtant évitée sur la carte de Djerba unie n la brochure.
(2<L\rtTTEKTSRr.voyxKT
' .
Le' Co1fe.de Gabès en 1*88.Parts, 1883.Voir carte
Jointeà la page 2*21.
(3}Iivorx. Vn été dans le Sud Tunisien. Au pays des Troglodytes et des IJOIO-
phages (Mém.Soc. hourguign. de géog. cl d'histoire, lame XVI<.Dijon, 10OO.
p 7»>.
(tj TortAw .S'otcs et ttoc. sur les voies stratégiques el sur l'occupation milil. du
Sud Tunisien à l'époque romaine par MM. tes capitaines Dosr.u-et LieB«Eir, les
lieutenants m PownitiAvr»,
Corr.oxrr TAIWY
(llnll. Archéot. 1903},p. 273.
(5}Op. cit., III. Voir aux p. 28.1-280
sa description de Djerba.
(6] Op. cit., p. I.
{") Bordj El Bab se composait d'un couloir voûté (3**de large sur 2*50 «telong
du Nord au Sud} sous lequel il fallait m'^essaîrcment s'avancer quand on sui-
vait la chaussée et qui était Manqué,a droite et a gauche de diverses chambres
(corps de gardes, logement du prépos--,ete.,. débotdant te passage de 3 h i mè-
tres. Celte espèce de verrue a «tene.ce qui esl aussi te cas du Bordj Khanchouch,
une largeur «lune douzaine «lemètres, c'est-!»-«.liredavantageque la chaussée elle-
même, mais infiniment moins que tes gronda bordjs du littoral de lite.
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85 -
assimilons
le Uorchio de l'estampe de 1500, tout en signalant que
Bordj El Bab (comme d'ailleurs
le Bordj Trik El Djcmel) se mire
dans le chenal même. (Voir figure IX).
Ainsi, malgré
le grand oued, Trik El Djcmel et Chaussée d'El
Kantara
établissent
entre l'Ile et les territoires
voisins
une liaison
facile. Que celle circonstance
puisse
être, le cas échéant,
dange-
reuse pour les Djerbiens,
c'est ce que prouve la précaution
prise
dès le XVP siècle de barrer
ces passages par dc^ fortins qui de-
vaient être en même temps des postes de douane.
Descriptions
de Léon, Cirni, Lanfreducci
et Bosio, carte de Gas-
taldi, nous ont permis de présenter
sous un jour complet et exact
la physionomie
de Djerba. Les documents
du XVP siècle nous ap-
prennent
que les habitants
au nombre
de 30 à iO.OOOsont médio-
crement
guerriers
: ils vivent d'arboriculture,
d'industrie
lainière
et de commerce.
L'eau est rare chez, eux et la chaleur
liés accen-
tuée en été. Entourée
de hauts-fonds,
Djerba offre des ancrages
sûrs pour une Hotte mais oblige les vaisseaux
à se tenir le plus
souvent assez loin du rivage lequel n'est accessible qu'en quelques
endroits
déterminés.
Mais surtout
le caractère
insulaire
de ce
canton
est mitigé par la proximité du reste de la Tunisie.
Grùee
au Trik El Djcmel cl à la Chaussée d'El Kantara, Djerba peut pres-
que èlre considérée
comme une excroissance
de la terre ferme.
De ces phénomènes
il résulte un certain
nombre
de conséquen-
ces au point de vue militaire el par exemple celle-ci : si les Djer-
biens assez riches et mal armés sonl des adversaires
peu à crain-
dre, ils peuvent
êlre facilement
secourus
par les tribus
nomades
belliqueuses
du continent
et par les puissances
qui y dominent.
Les détails géographiques
qu'on vient de lire sont donc aptes à fa-
ciliter
rintciligcncc
du récit qui va commencer
el au cours
du-
quel plus d'une
lois nous constaterons
combien
la marche
de la
campagne
de 1500 a été înllucncée
par la nature même du pays.
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